La fiche du flacon

YQUEM 1920

1
Dégustation(s) enregistrée(s)

Carte d'identité

Pays
France
Domaine
YQUEM
Famille
Bordeaux

Avis de Dominique

02 Yquem_26_04_09.md · 26 avril 2009
Couleur or bien ambré. Le nez indique malheureusement un vin déshonoré par un goût de bouchon. Le dégât causé n’est pas suffisamment marqué pour occulter certaines indéniables qualités: il est très équilibré et concentré, avec une superbe acidité et une finale mentholée. La récolte de base semble être de haute tenue. Certainement un grand millésime d’Yquem. CONCLUSIONS Ce merveilleux voyage gustatif “en remontant le temps” permet à nouveau de constater le bénéfice que retirent les meilleures années d’Yquem d’une longue maturation en bouteilles. Les millésimes marquants les plus jeunes sont encensés à juste titre au départ. Puis arrive la fin de cette odyssée: on remonte alors du 1921 au 1945. Ils sont intemporels tant les années ne font que de se casser les dents sur eux. Puis on regoûte le 1967: on s’exclame “il est en début de carrière”! Puis le 1975: “il encore en pré-adolescence”! Sur le moment, de telles expériences nous font dire qu’un grand Yquem commence à dévoiler sa vraie splendeur après au moins 5 décennies! Puis il faut redescendre sur terre.... Le quatuor des années 1970 est de très haut niveau. 1976 et 1971 (pour une bouteille parfaite) sont des vins de plaisir à l’heure actuelle, très équilibrés. Le 1970 est quasi de même qualité, mais pour moi, un tout petit ton au-dessous au niveau de la structure. Le 1975 ressort par sa densité et par son acidité bien au-dessus de la moyenne. Il semble le plus apte à défier les années. A mon sens, c’est en l’instant le plus grand Yquem depuis 1967. En effet, les 1983, 1986, 1988,.... sont encore beaucoup trop jeunes pour que l’on puisse porter un jugement sérieux à ce sujet. Le 1967 confirme à chaque fois son fabuleux potentiel. Plus on avance, plus il monte en qualité et en perfection....et on est loin de l’apogée. On doit le considérer comme la pierre la plus importante de l’édifice Yquem de la deuxième moitié du 20ème siècle. 1966, millésime peu connu, est remarquablement bon. Il tient parfaitement la route et apporte son lot de bonheur à l’amateur éclairé. Le trio 1955, 1950 et 1948 est sensationnel. Chacun joue sur son propre registre. 1955 est resplendissant. Sa vivacité, sa minéralité et sa grande jeunesse réjouissent le palais. 1950 est un classique avec un caractère un peu austère mais avec beaucoup de force. 1948 est d’une grande noblesse. C’est un aristocrate-né et il le restera. Je continue à considérer 1945 comme le millésime-phare du 20ème siècle chez Yquem. Il n’y a pas une qualité en lui qui ne soit pure perfection. Auprès du public, 1921 est le millésime le plus adulé (et le plus cher) du 20ème siècle. Je dois “raisonnablement” dire qu’il est aussi grand que le 1945. Le très intéressant 1925 sort du standard Yquem puisqu’il n’est pas réellement un vin liquoreux. J’espère avoir l’occasion d’en redéguster un autre pour mieux cerner ce millésime. Le 1920 a laissé deviner de grandes qualités au travers de son petit goût de bouchon.