La fiche du flacon

TOKAJI ASZU ESSZENCIA, KERESKEDÖHAZ MUZEALIS 1857

★★★★★ 5.0 /5+
5.0
Note moyenne /5+
1
Dégustation(s) enregistrée(s)

Carte d'identité

Pays
Hongrie
Domaine
KERESKEDÖHAZ MUZEALIS
Famille
Hongrie

Avis de Dominique

13 Tokaji commentaires 25.11.23 a.md · 25 novembre 2023
(13,%) Couleur ambre presque noir. Arômes nobles. Notes de réglisse, de poire et de figues confites, d’iode... On a réellement une sensation d’éternité: rien n’indique un âge quelconque. Vin géant avec un gras épais qui réussit à ne présenter aucune sensation de lourdeur. C’est à mâcher tellement la matière est concentrée: on dirait que c’est devenu du balsamique. On dit souvent que c’est l’acidité qui compense le gras et le sucre. Mais là, on peut comme inverser et dire que c’est le glycérol qui tapisse littéralement l’acidité très élevée. Sujet extraordinaire. CONCLUSIONS - cette dégustation fait partie des sommets que l’on puisse trouver. La plupart des crus étaient exceptionnels. - certaines bouteilles dont l’étiquette, souvent neuve, contient le mot “Muzealis” ont été affublées d’un ridicule bouchon recomposé du plus bas de gamme. Je pense que c’est ce qui a détérioré les qualités évidentes du 1957. - comme souvent, les plus anciens ont été les plus marquants: 1920, 1906 et 1857. Ces derniers ont des concentrations extrêmes, mais gardent une buvabilité que les plus jeunes n’ont pas. En remontant dans le temps comme nous l’avons fait, on se prend à penser que les mythiques 1972 sont encore bien trop jeunes face aux géants plus anciens. - Cette dégustation me renforce dans l’idée que les Tokaji d’avant le communisme ont des qualités que les vins de notre époque auront de la peine à égaler. Je pense la même chose du fameux Château d’Yquem: avant 1950 et surtout au 19ème siècle, les vins ont une autre dimension. - les dernières réglementations adoptées (sous quelles influences?) ne pourront qu’être négatives pour l’ensemble de la production des Tokaji. En effet, on ne garde que des “Tokaji Aszu”, on uniformise le sucre résiduel à un minimum de 120 gr/l, et on n’élève le vin que durant deux ans. La diversification des vins en plusieurs catégories et les élevages prolongés qui disparaissent vont faire perdre aux Tokaji leur typicité et leur formidable aura mondiale. La standardisation en sera le résultat malheureux. J’espère de tout coeur me tromper en disant que je crains une “sauternisation” du Tokaji. - j’ai beaucoup aimé le TOKAJI NEKTAR, MONYOK 1988. Il est déjà fantastique, mais il faudrait pouvoir encore l’attendre des décennies. - dans la série des 1972, j’ai préféré le TOKAJI ASZU ESZENCIA, MONYOK 1972. Tout est grandiose et parfait dans ce vin. Il paraîtra trop jeune dans la suite de la dégustation face aux crus les plus âgés. - le très grand 1949 est un prélude à un trio d’anthologie. Les 1920, 1906 et 1857 atteignent des sommets quasi inégalés dans le domaine des vins liquoreux. Chacun présente un style bien différent des autres. On est émerveillé par leurs qualités: finesse, caractère, concentration, complexité... Les acidités sont toujours extrêmement élevées et parviennent à équilibrer des teneurs en sucre résiduel tout autant élevées. Les aspects minéraux ou iodés y rajoutent beaucoup de classe. Les persistances aromatiques et gustatives sont parmi les plus longues qui soient. Et leur tenue dans le temps ont de quoi sidérer les amateurs les plus avertis. - je n’ai pu m’empêcher, en dégustant mon préféré de tous, le TOKAJI ASZU ESZENCIA, COLLECTION ETAT 1906, de le comparer à deux géants reconnus du millésime: Yquem et Château d’Arche Crème de Tête. Le souvenir que j’en ai est extraordinaire. Mais je vois le Tokaji de ce millésime encore plus marquant.