La fiche du flacon

SASSICAIA, TENUTA SAN GUIDO 1968

★★★★★ 5.0 /5+
5.0
Note moyenne /5+
5
Dégustation(s) enregistrée(s)

Carte d'identité

Pays
Italie
Domaine
TENUTA SAN GUIDO
Famille
Italie

Avis de Dominique

02 Sassicaia commentaires 22.04.12.md · 22 avril 2012
Couleur rouge dense juste un peu tuilé. Nez d’une densité exceptionnelle avec une touche d’acidité volatile positive qui intensifie les arômes. Le fruit est d’une très grande pureté. La figue et le kirsch indiquent la grande maturité de récolte. Le vin est une anthologie avec une corpulence hors du commun et une personnalité digne des grands Bordeaux de 1947 (par exemple). C’est le style de vin auquel on ne saurait donner d’âge et qui semble indestructible. La fameuse “Viale dei Cipressi” sur la Via Aurelia est une rectiligne d’environ 5 km bordée de près de 2000 cyprès. Elle avait déjà cette configuration en 1911. Elle mène au village mondialement connu de Bolgheri qui fait partie de la commune de Castagneto Carducci. Tout au début (ici à droite), se trouve la Tenuta San Guido. CONCLUSIONS Un petit préambule chiffré me permettra d’étayer mes conclusions. Au début, la contre-étiquette indiquait la production du Sassicaia. Ci-dessus, les étapes marquantes: 7’300 bts pour le 1968. Cela monte pas à pas jusqu’au 1975 avec 11958 bts. Puis on double sur le 1976 avec 23260 bts. Après, on continue l’ascension: 41’000 bts en 1979 et 60’000 en 1980. Le mythique 1985 est produit à 62’500 bts. On peine à trouver des chiffres par après, mais depuis des d’années, on indique 180’000 bts. Ces chiffres ont poussé beaucoup de spécialistes à annoncer qu’il y a le Sassicaia originel et le Sassicaia d’après son agrandissement. Ayant eu l’occasion de déguster régulièrement ces dernières années bien des millésimes de 1968 à nos jours, je me rallie volontiers à cette idée. On retombe toujours sur le fameux 1985. A juste titre car il est réellement stupéfiant. Mais aussi parce que la littérature des dégustateurs internationaux ne mentionne presque aucun vin antérieur à celui-ci. Et pour cause: ces millésimes qui représentent le Sassicaia “originel” sont quasi introuvables, donc inconnus. Tout en mettant 1985 sur un piédestal mérité, je lui préfère pratiquement tous les millésimes antérieurs: 1979, 1978, 1977, 1976, 1975, 1972, 1971, 1970 et 1968. Sur les 10 millésimes produits de 1968 à 1979, seul le 1974 me semble dépassé. Cela fait 90% de très grandes réussites, c’est impressionnant! Mes préférés sont les très mal notés 1968, 1977 et 1972. C’est une affaire de goût ou de style, et non pas de technique gustative. La série de 1980 à 1984 me paraît faible, mais elle correspond à une production pléthorique: 1982, 90’000 bts et 1983, 92’000 bts! Le 1985 est une réussite qui marque un tournant chez Sassicaia, mis à part 1988 (parfois aussi impressionnant), et 1990 hors norme de style baroque flamboyant (grandes différences d’une bouteille à l’autre). Depuis 1986, une sorte de “standardisation” est intervenue, au moment-même où l’augmentation de la surface viticole prenait effet avec encore plus d’ampleur. Cette nouvelle donne ne semble pas gêner les “grands dégustateurs” puisqu’ils accordent à tous les vins d’après 1984 des notes bien supérieurs à celles d’avant. Allez savoir pourquoi! Quelles sont les différences entre “avant” et “après”? Les vins de 1968 à 1979 (plus le 1985) ont des structures impressionnantes mais n’ont jamais aucune lourdeur. Ils ont aussi un caractère très affirmé et sont construits pour durer. On a laissé les conditions climatiques de l’année vivre au travers de leurs fortes personnalités. Les millésimes depuis 1980 sont devenus plus élégants et faciles. Ils se sont adaptés à la demande internationale, même s’ils n’ont pas suivi le chemin de la puissance à tout prix, comme beaucoup d’autres supertoscans. La technologie a aussi plus gommé l’effet millésime. Dans la série que je considère comme “nouvelle”, 2004, 1998 et 1995 me plaisent énormément. Ils n’ont cependant de loin pas les dimensions des vins de la série “originelle” dont les réussites sont trop nombreuses pour toutes les citer à nouveau. Au milieu de tout ça, encore et toujours le 1985 qui restera une sorte de parfait compromis.
News 2023.md · 12 janvier 2023
Arômes nobles, purs et denses. J’y retrouve la finesse des plus grands Bordeaux classiques. On semble hors du temps. La bouche est somptueuse avec une chair onctueuse. L’acidité le rend vivant et frais en finale. Les tannins sont grandioses. Longueur exceptionnelle. Cette bouteille était différente des autres bues auparavant. Elle n’était pas marquée, comme c’est régulièrement le cas, par de l’acidité volatile.