La fiche du flacon

RIESLING SCHARZHOFBERGER AUSLESE E. MÜLLER 1959

★★★★★ 5.0 /5+
5.0
Note moyenne /5+
2
Dégustation(s) enregistrée(s)

Carte d'identité

Pays
Allemagne
Domaine
E. MÜLLER
Famille
Allemagne

Avis de Dominique

03 Egon Müller 18.08.13.md · 18.08.2013
Les arômes de ce vin sont envoûtants. Ils changent à tout instant, toujours pour apporter de nouvelles et plaisantes sensations. On passe d’abord par des fruits exotiques fins, puis par des herbes aromatiques délicates, puis par cette fantastique minéralité du Scharzhof, et encore par cet inimitable “acidulé” que j’aime tant dans les grands Riesling. Le vin est parfait d’équilibre. Le sucre n’est plus que du velours qui enrobe le fruité (agrumes, citron vert) et l’acidité. L’ensemble n’est ni volumineux ni vraiment dense, mais il dégage une présence forte. La jeunesse de l’ensemble est marquante. Ce vin demeurera à ce niveau encore longtemps. CONCLUSIONS Les Riesling allemands n’ont pas d’équivalents dans le monde. Ceux d’Egon Müller sont leur modèle. Il faut rappeler leurs particularités: alcool faible, acidité élevée, douceur angélique, minéralité unique, reconnaissable entre toutes. Avec ces paramètres, Egon Müller ne joue pas au “winemaker”, il ne fait que de mettre en évidence ce que la climatologie du millésime a octroyé. Une fois, c’est l’acidité qui parvient à ce que j’appelle un “acidulé” de bonbon anglais qui réjouit le palais avec une sensualité excitante. Une autre fois, c’est la douceur qui charme et envoûte de par son extrême délicatesse. Une autre fois, c’est la minéralité d’une finesse inégalable qui anoblit le caractère. Ce sont les conditions sine qua non de la réussite de ces oeuvres d’orfèvrerie. Je ne peux donc que me répéter lorsque je décris les vins d’Egon Müller: à chaque fois les paramètres cités ci-dessus s’y retrouvent avec des intensités différentes selon le millésime et selon le cru. L’harmonie est toujours parfaite. Quant on sait qu’ils oscillent généralement entre 7% et 9% d’alcool, on imagine la qualité du terroir et des raisins à la récolte (Egon est aussi un grand vigneron) pour arriver à une si grande densité d’arômes et de goûts. C’est tout simplement miraculeux! De plus, la “buvabilité” de ces crus est extrême: jamais on y trouve une moindre lourdeur. La durée de vie de ces nectars est un autre sujet d’émerveillement. Les vins jeunes impressionnent par leur fruité vif et frais, et les vins plus âgés marquent par leur complexité et leur caractère. Les meilleurs sont capables de dépasser le demi siècle sans problème. De cette inoubliable dégustation, je retiens encore une fois qu’il ne faut pas voir dans les catégories des vins allemands une échelle montante en qualité. Je constate simplement que les “TBA” ont une densité au-dessus de tout et qu’ils impressionnent au plus haut point le palais, surtout à la persistance. Les crus des autres catégories ne sont en rien inférieur au niveau de l’harmonie. Ils peuvent aussi être très denses et complexes et procurer un plaisir exceptionnel. j'encense le TBA 2011 pour sa présence phénoménale, mais il n’est encore qu’un “nouveau-né”. Le Auslese 1959 m’a enchanté par la complexité que l’âge lui a procuré. Le Auslese GK 2005 m’a envoûté par son acidulé de bonbon anglais qui “sur-excite” les papilles. Le Eiswein 1996 m’a impressionné par la “démesure” de ses composantes, tout en restant équilibré. Le Auslese 1971 m’a subjugué par sa subtilité. Novembre 2013 Dominique Fornage www.ecole-nobilis.ch