La fiche du flacon
PORTO, ANTONIO CAETANO RODRIGUES 1834
★★★★★ 5.0 /5+
5.0
Note moyenne /5+
2
Dégustation(s) enregistrée(s)
Carte d'identité
Avis de Dominique
News 2019.md · 3 janvier 2019
L’étiquette indique l’année 1834 et “engarrafado em 1860” puis “decantado em 1936”.
La bouteille fut ouverte et décantée le matin pour le soir. La “croûte” était importante. La couleur est très belle mais assez claire. Les arômes sont tout autant fins que denses. On est principalement sur les fruits confits, comme la cerise et la fraise. S’y rajoute une notre fort agréable d’herbes aromatiques, de nougat, de caramel et de date. Le vin est pourvu d’une douceur angélique qui enrobe une superbe acidité et une amertume positive d’herbes macérées. Le renfort d’alcool est parfaitement réussi: il ne fait que d’intensifier toutes les sensations. La longueur est proprement interminable.
1834 est un très grand millésime à Porto. C’est aussi l’année où le renfort d’alcool, tel qu’on le connaît pour ce genre de vin, s’est généralisé.
16 février 2019 ok
DECES DE GIANFRANCO SOLDERA
Gianfranco Soldera nous a quittés ce samedi 16 février 2019 à l’âge de 82 ans.
Seul dans sa voiture, il est sorti de la route à proximité de son vignoble. Lorsque les sauveteurs l’ont dégagé, il a fait un arrêt cardiaque qui lui fut fatal.
Né en 1937, il fit sa carrière professionnelle dans les assurances. Sa passion pour le vin le fait acheter le domaine “Case Basse” dans l’appellation Brunello di Montalcino en 1972 (23 hectares dont 6,3 pour les vignes). Son premier millésime sous cette appellation fut le 1977. D’emblée, la réussite qualitative fut au rendez-vous. Sa notoriété fut quasi immédiate, et sa forte personnalité fut tout aussi rapidement un sujet de discussion. Son caractère sans compromis ne lui a pas valu que des amis, mais quel bonheur ce fut pour moi que de l’avoir côtoyé!
Ma visite chez lui en 1985 fut une sorte de révélation: oui, on peut faire de grands vins sans trop de technologie! Il suffit d’avoir un nez et de bons raisins, disait-il. Mais, cela peut paraître paradoxal, absolument rien n’est laissé au hasard. Son domaine, sorte de paradis terrestre avec des animaux qui marchent et qui volent, est un écosystème unique. Tout y a un sens, y compris la création d’un humus idéal pour la substance organique du terrain.
Sa cave édifiée en 2001 vit et respire, sans ciment entre les pierres de construction.
Cet homme un peu abrupt lorsqu’il s’agit d’affaire a un coeur et une sensibilité hors du commun. L’instant passé avec lui est, dans un autre style, autant instructif que celui passé avec Henri Jayer. La simplicité de ses explications est tout autant désarmante.
Pour moi, ses Brunello sont de loin mes préférés. Ils sont aussi très différents de tous les autres. J’ai pu déguster tous les millésimes qu’il a enfantés. Chacun a sa place dans l’ensemble de sa production, aucun n’est faible ou moyen, tous sont excellents.
Ainsi, en l’espace de 13 mois, mes deux producteurs italiens préférés sont décédés: Bruno Giacosa et Gianfranco Soldera. Je n’ai qu’un souhait: que leur génie perdure au travers de leurs successeurs.
19 février 2019 ok
Une série d’Ermitage dont je ne présente ici que ceux que j’ai préférés